Le syndrome d'Angelman (SA) n'est pas une maladie, mais bien un état qu'on ne peut malheureusement pas, pour le moment, changer. Par contre, les conditions de vie de nos anges peuvent être considérablement améliorées s'ils sont détectés très jeunes et si on leur donne les soins appropriés. Le texte qui suit vous expliquera les origines du SA et l'état de la recherche dans le domaine. Mais avant toute chose, voici une description du SA et de ces anges que nous adorons malgré leur handicap. Ils sont généralement identifiés entre 3 et 5 ans puisque c'est vers cet âge que les caractéristiques physiques deviennent évidentes:
* démarche instable et saccadée (les deux bras vers le haut)
* langage très limité (de 1 à 10 mots)
* problèmes de sommeil
* follement amoureux de l'eau (spécialement le bain)
* bonne humeur et excès de rires faciles
* très courte portée d'attention
* hyper-motricité (excitation)
* retard dans l'acquisition de la marche, préfèrent souvent ramper selon la technique "commando"
Les signes précurseurs sont généralement:
* succion difficile pour les nourrissons - perte de poids
* crises épileptiques qui commencent avant l'âge de 2-3 ans, souvent sous la forme de convulsions fébriles
* très forte propension à mettre des objets dans la bouche
* difficulté avec la déglution, voire salivation importante
Les origines
C'est un médecin britannique, le Dr. Harry Angelman (1915-1996) qui a le premier, dès 1965, décrit les symptomes du syndrome qui porte aujourd'hui son nom mais qu'il avait surnommé "syndrome de la marionnette" (Puppet Syndrome), d'après une peinture intitulée «Ritratto di fanciullo con disegno» qu'il avait vu au Musée de Castelvecchio à Vérone (Italie). Quelques autres chercheurs l'ont qualifié de "syndrome de la marionnette joyeuse" (Happy Puppet Syndrome, en 1967) puis de syndrome d'Angelman (en 1982).
Si les symptomes cliniques (descriptions physiques et comportementales) ont pu être identifiés dès 1965, il a fallu attendre les progrès de la science en général et de la génétique en particulier pour que l'on puisse identifier les causes génétiques du SA à partir de 1987. Il s'agit, dans tous les cas, d'un problème au niveau du chromosome 15 et plus spécifiquement des sections q11-13, mais à des degrés divers. On compte pour le moment 5 grands types de variantes (mais le nombre pourrait augmenter au rythme des découvertes concernant les causes du SA chez 12% des enfants connus mais non-précisés):
# Délétion d'une partie plus ou moins importante, environ 75% des cas;
# Isodisomie paternelle (IDP, jadis appelé "disomie uniparentale"-DUP, ou, en anglais, UPD-Uniparental Disomy), environ 2-3% des cas;
# Anomalie de l'empreinte génomique parentale (imprinting, en anglais), environ 5% des cas;
# Mutation génétique (rearrangement of genetic material on chromosome 15), environ 5% des cas;
# Causes inconnues, environ 12% des cas.
Les recherches et les nouveaux tests se sont constamment améliorés mais beaucoup reste à faire afin de préciser les variantes et les causes. Lorsqu'il s'agit d'identifier le SA, les principaux tests utilisés sont:
# Caryotype: "photo individuelle" des chromosomes (parfois aidée par la technique d'étirement) qui ne permet pas de détecter le SA, mais plutôt les mutations importantes (de l'ordre du chromosome), comme les trisomies. C'est généralement le premier test qui est effectué, souvent par routine;
# Hybridation in situ (FISH : Fluorescent in situ Hybridation): "photo groupée" des chromosomes qui permet de voir s'il y a délétion importante lorsqu'un gène "marqueur" fluorescent est absent de la zone critique du SA;
# Test de méthylation: C'est le genre de test que l'on a vu au cours des dernières années lorsqu'il s'agit d'identifier la "paternité" de quelqu'un puisqu'il permet de constater la présence ou l'absence de certains marqueurs ou gènes;
# Analyse de mutation (Mutation analysis): C'est la toute dernière technique utilisée sur des bases expérimentales. Elle pourrait permettre d'identifier certains types de SA, mais pas tous encore.
L'État de la recherche
Nous savons qu'il ne s'effectue que très peu de recherche fondamentale sur le SA dans les pays de la francophonie (seul le centre de Marseille s'y intéresserait...). Par contre, au moins 4 laboratoires et quantités de médecins ou de généticiens effectuent les tests standards et posent les diagnostics en France. L'AFSA a dressé une liste complète des médecins contacts pour chacune des régions de France.
Les principales recherches sont présentement effectuées en Angleterre (Dr. Jill Clayton-Smith), en Allemagne (Dr. Horsthemke), aux États-Unis (Dr. Wagstaff, Dr. Williams, Dr. Beaudet, Dr. Nicholls) et au Japon (Dr. Numabe). On s'attend à ce que des nouvelles importantes soient annoncées lors du prochain congrès international (juillet 1997, à Seattle) par ces différents chercheurs.
Toujours est-il qu'une découverte majeure a été réalisée voilà quelques mois: des chercheurs ont découvert qu'un gène (UBE3A) connu depuis plusieurs années mais qui n'était pas encore soupçonné, serait impliqué dans le SA. Les chercheurs s'attachent donc à comprendre les mécanismes qui dirigent la "mise en marche" de ce gène. Il semble en effet qu'il faille le gène paternel et le gène maternel qui, agissant comme une clé dans une serrure, doivent travailler ensemble pour se "mettre en marche". Or, ce serait l'absence complète du gène UBE3A d'origine maternelle (dans les cas de délétion ou d'isodisomie paternelle) ou son mauvais fonctionnement qui serait à l'origine du SA. Des chercheurs ont déjà créé une souris "Angelman" afin de mieux comprendre les mécanismes en cause. Il est encore beaucoup trop tôt pour dire qu'une thérapie génique sera disponible un jour pour "guérir" nos anges, mais il ne fait pas de doute que les prochaines années, voire les prochains mois, seront très intéressants en cette matière.
Des textes pour en savoir plus
Il n'est pas toujours facile de tout comprendre du premier coup lorsqu'il s'agit de lire une multitude de documents sur un sujet auquel on ne s'intéressait pas jusqu'à ce jour. Aussi, nous avons déniché, traduits, adaptés ou rendu disponibles quelques documents qui pourront vous aider à mieux comprendre tous les aspects du syndrome d'Angelman. D'autres textes, notamment en français, s'ajouteront à cette liste au cours des prochaines semaines.
Nous avons traduit et mis à votre disposition, les textes suivants:
* Martha Sprowles a produit un petit bijou de texte pour les parents qui viennent d'apprendre que leur enfant est atteint du syndrome d'Angelman, sous le titre "A Parent's Brochure". Vous pouvez accéder à ce texte dans une version adaptée en français par Lori (avec l'autorisation de Martha) que nous avons baptisée "Guide pour les parents d'un ange", dans sa version originale en anglais, ou en espagnol.
* Le Docteur Williams a produit, en 1991, un texte d'information sur le syndrome d'Angelman à la demande de l'association américaine ASF (Angelman Syndrome Foundation):
* traduction française
* version originale en anglais
* traduction espagnole
* traduction japonaise
Le SA dans la Francophonie (hors-Québec)
1. Le syndrome d'Angelman en France
2. Le syndrome d'Angelman en Belgique
3. Le syndrome d'Angelman au Canada
Le syndrome d'Angelman en France
L'Association française du syndrome d'Angelman compte aujourd'hui plus de 117 familles membres, dont plus de 50 ont participé à la dernière rencontre annuelle. Nous vous invitons à visiter la page Web de l'AFSA pour en savoir plus.
Le syndrome d'Angelman en Belgique
Il existe une association du syndrome d'Angelman en Belgique mais nous en savons encore peu de chose, si ce n'est leurs coordonnées et l'annonce d'un symposium le 29 novembre qui vient.
Le syndrome d'Angelman au Canada
L' Association canadienne est surtout présente dans l'Ouest canadien (le siège est d'ailleurs en Alberta) et donc anglophone. La CASS a fait certains efforts pour diffuser de l'information en français mais la quasi absence de membres à l'Est de l'Ontario rendent la chose plus difficile. La CASS compte, au 1er mai 1997, plus de 70 familes membres réparties essentiellement en Ontario (27), en Colombie-britannique (19) et en Alberta (12).



